Les réseaux sociaux sont devenus des outils incontournables de communication; leur avènement est tel qu’ils pourraient prendre le pas sur les médias traditionnels.  Pour les personnages publics, et encore plus en politique, les réseaux sociaux doivent être considérés comme des outils professionnels de construction et de gestion de leur image. Et d’autant plus que la communication est au centre de toute stratégie politique. 

Avec l’accroissement  fulgurant d’internet, les hommes politiques l’utilisent de plus en plus à travers un site web ou blog personnel. Et les réseaux sociaux sont ainsi devenus plus importants qu’un billet d’humeur dans un blog.

Sans parler d’Obama et son armée de community managers, prenons juste l’exemple de Nicolas Sarkozy qui choisit Facebook pour s’exprimer après sa mise en examen. Il parle directement à son électorat, aux gens qui le soutiennent, à ses fans.

Nicolas Sarkozy sur facebook
Sarkozy en lien direct avec son électorat

Les réseaux sociaux au service de la politique et des hommes/femmes politiques

La politique n’atteint pas que les hautes sphères de l’état. Pour les élections régionales, des candidats de notoriété moindre  ont tout intérêt à utiliser avec intelligence ces réseaux sociaux.

En étant présent activement sur les réseaux sociaux :

Le politique est tout le temps en campagne.

Il construit son image et gère sa notoriété.

 Il peut  voir et entendre tout ce qui se dit à son encontre.  Il peut y répondre pour contrôler ce flux, adapter son discours en conséquence et mesurer sa popularité.  

Il voit ce que ce que font ses concurrents : il peut mettre sur pied un plan de riposte ou imaginer  une argumentation différente.

Il devient proche de son électorat, créant une certaine proximité.

Il construit sa propre communauté autour de son message politique. Il peut ainsi recruter ses sympathisants pour en faire des membres actifs de sa campagne.  Et ces mêmes sympathisants deviennent des ambassadeurs 2.0 au service de l’homme politique (à travers le partage de publications, les commentaires, etc.).

Il peut mettre en place des plans d’action rapidement.

Il diffuse son message auprès d’une large audience tel un haut-parleur numérique. Tout en sachant que les jeunes sont plus réceptifs sur les réseaux sociaux. 

Il démontre son appétence à l’innovation et aux nouvelles technologies (l’utilisation des réseaux sociaux étant associée à une image « moderne » et « dans le temps »).

Il renvoie une image active en rendant compte de ses activités (déplacements, réunions, interventions, etc.).

Il crée un lien avec les internautes en se montrant dans la vie de tous les jours.

Des limites dans l’utilisation des réseaux sociaux en politique

La frontière entre sphère privée et sphère publique disparaît : un hommes politique qui se lance sur les réseaux sociaux doit accepter de communiquer sur sa vie personnelle en publiant des images de sa famille, de ses hobbies, etc.

Dans l’usage qu’ont les français des réseaux sociaux, ceux-ci ont plutôt tendance à dénigrer les représentants politiques. Une « gaffe », une « petite phrase » sortie de son contexte peut rapidement se propager sur le net; l’homme politique devenant alors la cible de railleries. D’où la nécessité d’effectuer une veille permanente et active sur ce qui peut être dit afin de tirer avantage d’une situation donnée.

De même, les français sont moins impliqués en politique sur les réseaux sociaux. En construisant une communauté autour du message politique, et donc en favorisant les échanges, l’homme politique sur les réseaux sociaux brise de facto ce biais.

Tout contenu posté en ligne est susceptible de susciter un emballement médiatique et émotionnel fort qu’il faut maîtriser. D’où la nécessité de conceptualiser une stratégie clairement établie avant de se lancer « tête baissée » sur l’espace internet.

L’espace internet doit être considéré de la même manière qu’une place publique. Tout comme la préparation d’un discours ou d’une intervention à un meeting, la communication d’un homme politique sur internet et les réseaux sociaux ne doit pas s’improviser. En adoptant les codes des réseaux sociaux, un homme politique peut faire de cette communication un rempart contre les dérives caricaturales. La communication « social media » est un moyen pour construire un lien fort avec les citoyens; si et seulement si le lien est réel. Une communication programmée et maîtrisée ne doit pas pour  autant omettre la variable « sincérité », et pour cause…

Nadine Morano et Twitter

Nadine Morano, pour ceux qui ne la connaissent, est une femme politique de droite réputée pour son franc-parler. Elle adore tweeter.  Bon gré malgré, sa communication n’est pas maîtrisée ce qui engendre bien souvent un bad buzz. Ces fautes d’orthographes ou ses approximations sont raillées sur le net. Une bonne gestion des médias sociaux est un avantage pour un personnage publique. Mais cela peut aussi le desservir.

Nadine Morano et les fautes de conjugaison
Nadine Morano et les fautes de conjugaison
Conjugaison bis...
Conjugaison bis…

Alain Juppé et sa communication maîtrisée

Sans être la machine de guerre Sarkozy et sa horde de communicants à l’affût du coup médiatique permanent, Alain Juppé trace sa route en maîtrisant parfaitement l’outil internet. L’ancien premier ministre a été l’un des premiers à s’intéresser au monde digital en créant son blog au début des années 2000. Sa communication est à son image: réfléchie, où le fond prend le pas sur les annonces racoleuses. Son blog a d’ailleurs plus de 1000 visites par jours. Il n’est jamais dans la polémique gratuite et toujours dans le retenue avec un certain flegme.

Peu importe que ce soit pour une « petite » candidature aux municipales ou la course à la présidence de la République, les médias sociaux ont changé la donne. Internet est devenu en quelques années seulement un enjeu majeur pour tous les hommes politiques. Il se murmure dans les petites villes que certains candidats aux Municipales sont parvenus à décrocher le « titre » grâce à leur maîtrise des réseaux sociaux (du moins la maîtrise qu’ont eu leurs communicants); toutefois, les médias traditionnels locaux ne sont pas à négliger car ils restent également un moyen pour toucher facilement ses cibles. Tout comme se rendre sur les marchés pour aller à la rencontre physique des citoyens et se rendre compte de leur quotidien.

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